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De Potosi à La Paz

Jeudi 6 Août 2015

C’est aujourd’hui la fête nationale de la Bolivie ! Décidément c’est le troisième pays que je visite dont la fête nationale tombe durant mon séjour.

Départ pour la gare routière d’Uyuni, j’ai la bonne surprise d’y retrouver Amélie et Antoine. Nous allons prendre le même bus en direction de Potosi, ville située à l’est de l’Altiplano à 250 km d’Uyuni.

Quatre heures de trajet seront nécessaire pour rejoindre cette ville minière située à plus de 4000 mètres d’altitude. La route asphaltée construite il y a trois ans,  est d’excellente qualité, et fort scénique. De part et d’autre de la route se succèdent canyons, vallées où  lamas pâturent, montagnes de couleurs variées de part les minéraux qu’elles recèlent. Arrivés en gare routière de Potosi, Amélie et Antoine prennent un bus en correspondance pour Sucre. J’en ferai de même demain; ayant préféré couper le trajet en bus de moitié et en profiter pour visiter Potosi. Un taxi me dépose à l’hôtel pour la modique somme de 1,50 Euros.  L’hôtel est à deux pas de la place du 10 novembre, place centrale de la ville abritant l’hôtel de ville, la cathédrale et la Casa National de la Moneda, étant considéré comme le plus grand bâtiment colonial civil des Amériques.

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Malheureusement en ce jour férié, l’ensemble des musées et églises sont fermés au public. Je fais tout de même un tour du centre historique colonial, qui héberge quelques bâtiments historiques intéressants comme le couvent de Sainte Thérèse, l’Eglise San Lorenzo et sa façade en style indigène, l’Eglise San Martin et l’Eglise de Jérusalem. Peu de touristes déambulent le centre ville, animé par une manifestation contre le gouvernement bolivien dirigé par Evo Morales. En effet la ville de Potosi a été récemment bloquée par un conflit de mineur, et compte un grand nombre de partisans contestant le régime politique actuel.  Un grand défilé cependant bon enfant arpente les rues du centre ville demandant à l’état bolivien de se pencher sur les problèmes économiques et du manque d’accessibilité à la ville de Potosi qui compte tout de même plus de 200 000 habitants. Un des partisans m’offre même un drapeau rouge et blanc à l’effigie des couleurs de Potosi. Après 3 heures de marche, je regagne l’hôtel pour me reposer avant d’en ressortir pour un léger diner.

Le manque de sommeil accumulé lors des 3 derniers jours dans le Salar d’Uyuni et le fait que la connexion internet soit de piètre qualité, ne me permet pas de mettre à jour le site.  J’en profite tout de même pour faire un peu de nettoyage sur ma galerie de photos et direction le lit !

Vendredi 7 Août 2016

Après cette courte étape à Potosi, je regagne en milieu de matinée la gare routière pour me diriger vers la ville de Sucre située à 170 km à l’Est de Potosi. Nous quittons l’Altiplano pour les plaines de l’ouest. Après  trois heures trente de route, me voilà à Sucre pour trois jours. Une parade militaire paralyse les artères des faubourgs de la ville, l’autobus n’a pas le choix que de nous laisser à un kilomètre de la gare routière. J’arrive avec difficulté à trouver un taxi pour regagner l’hôtel.

L’hôtel réservé est situé à 300 mètres de la place du 25 de Mayo, cœur historique de la ville. Comme à l’accoutumée après m’être délesté de mon sac à dos à l’hôtel, je pars immédiatement à la découverte du centre historique de Sucre. Le ciel bleu est toujours présent est la température est beaucoup plus élevée qu’à Potosi, Sucre bénéficiant d’un climat privilégié avec des températures qui varient de 20 à 25° selon la période de l’année.

Sucre fondée en 1538, est située à 2750 mètres d’altitude, compte 320 000 habitants et elle est la capitale constitutionnelle du pays. C’est aujourd’hui une ville étudiante dynamique et la ville est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1991. La ville a été la première capitale de la Bolivie en 1839.

Le centre historique colonial se visite aisément à pied. La ville construite en damier comme l’ensemble des villes construites en Amérique du Sud par les espagnols  est agréable à visiter. Le trafic automobile n’est pas trop important en ce vendredi après midi. Je vais parcourir les rues historique de la ville en commençant par l’église et le couvent de la Recoletta dont la place et sa fontaine dominent la ville et offre un joli point de vue depuis le mirador. Je redescend vers la place du 25 Mai qui abrite la Cathédrale Métropolitaine dont la construction commença en 1559 et ne fut pas achevée avant 250 ans. La Casa de la Libertad (Maison de la Liberté), construite en 1621 comme une partie du couvent des Jésuites, est considérée comme le monument historique le plus important de Bolivie car c’est là où eurent lieu les événements qui ont conduit à l’indépendance du pays et le palais du gouvernement qui est désormais la préfecture de région.

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De nombreux bâtiments religieux, situés sur le centre historique de la ville, témoignent de la période qui a marqué les débuts de la ville hispanique, y compris des églises datant du XVIe siècle telles que Saint-Lazare, Saint-François, Saint-Dominique. Je termine ma visite en me reposant dans le parc Bolivar qui abrite une réplique assez simpliste de la Tour Eiffel construite par Eiffel lui même où de nombreux boliviens se prélassent en dégustant une glace ou autre confiserie locale.

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Je retrouve Amélie et Antoine à 19h sur le parvis de la Cathédrale, lieu du rendez vous que nous nous étions fixé la veille en nous séparant à la gare routière. Nous passons une agréable soirée en dinant dans une taverne allemande, de plats boliviens tout en regardant un joli spectacle de danse folklorique également bolivien !

Amélie et Antoine regagneront vendredi La Paz pour continuer leur périple sur Cusco et Puerto Maldano au Pérou. Je les salue et les embrasse au passage.

Samedi 8 Août 2015

C’est une journée de transition qui se prépare, après une bonne nuit de sommeil et un bon petit déjeuner.

Je profite de cette agréable matinée pour procéder à quelques taches incontournables : trouver une blanchisserie pour mon linge de la semaine et me faire couper les cheveux ! Tout en déambulant dans le centre historique. Tâches finalement aisées et que mon porte monnaie de routard apprécie. La vie  à Sucre est très abordable, puisque le coût du blanchisseur pour 2,5 kg de linge est de 2,5 Euros et ma coupe de cheveux version para de 3,5 Euros ! J’en ai pour deux mois avant de retrouver le chemin d’un coiffeur! Je termine la fin de matinée au marché central et j’en profite pour déjeuner sur un stand en choisissant la spécialité locale : un chorizo accompagné d’une salade, riz et pomme de terre pour la somme de 2 Euros ! Bref la crème glacée à 1 Euro la boule est finalement hors de prix ! en comparaison.

Je prend un collectivos pour 0,20 centimes d’Euros en début d’après midi afin de quitter Sucre. Le terminus du bus situé à 5km est au niveau d’un point de départ d’un sentier de randonnée dominant la ville. 5km de marche sur un sentier assez facile sur la montée mais difficile sur la descente. Je rejoins la route au niveau du Castillo de la Glorieta. Ce château raconte l'un des épisode les plus insolite de l'histoire de la Bolivie.

En effet ses fondateurs Francisco Argandona ayant fait fortune dans la production d’argent de mines de Potosi  et son épouse Clotilde Urioste Dona, ont réalisé de nombreuses œuvres de bienfaisance dont la construction de nombreux orphelinats. Le pape León VIII en 1898, très impressionné par le travail de charité du couple, leur a décerné le titre de prince et de princesse et la création de la principauté de La Glorieta. Seule principauté de la Bolivie, elle a pris fin en 1933 avec la mort de Clotilde sans héritier !
Le Château de la Glorieta a été conçu par un architecte italien et a été achevé en 1897.
Le bâtiment est très éclectique, dominé par trois tours dans un style Renaissance, avec influences byzantines et italiennes. L'ensemble du bâtiment est peint en rose. Aujourd’hui le château est  en grande partie vide. Seules demeurent les cheminées en marbre, et les plafonds richement décorés (avec des anges représentant les orphelins pour lesquels le couple se souciait). Le château et son parc mériterait que le municipalité ou la région de Sucre y prenne plus d’attention afin d’entreprendre des travaux de conservation.

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Retour sur Sucre en bus, je termine la fin de journée à trouver une agence qui me permettra de faire un trek dans la région de Sucre ce dimanche. La tache n’est pas aisée, aucune agence n’a de touriste inscrit…. C’est dingue ! Finalement c’est en demandant sans espoir à la dixième agence sur le retour de l’hôtel que la chance me sourit. Un départ est prévu ce dimanche, un groupe de 6 Quechua de France ! a réservé. C’est comme cela que les français sont décrits en Bolivie (du fait qu’une grande majorité portent des vêtements d’une célèbre marque de sport) et d’après l’agent de voyage, les français à Sucre représentent 70% de l’origine des touristes visitant la ville !

Je rejoins l’hôtel mais redescend rapidement de ma chambre, entendant des sons de fanfare. Une procession religieuse en  l’honneur de San Domingo bat le pavé.  Fin d’une belle et tranquille journée.

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Dimanche 9 Août 2015

Comme prévu, je rejoins l’agence de voyage à 9h pour y retrouver le minibus, et le  groupe d’étudiants français ayant réservé l’excursion. C’est assez surprenant de ne se retrouver qu’entre français. Ils sont tous en fac ou en grandes écoles et passent leur vacances d’été en Bolivie et au Pérou. Je suis donc le doyen de  l’excursion ! Un vent fort est assez frais souffle sur Sucre et a la mauvaise idée d’apporter de nombreux nuages. 

La journée débute par  un trajet agréable sur une route boisée vers le petit village de Chataquila, situé à 40kms de Sucre. La pièce maîtresse de Chataquila est une chapelle de pierre qui abrite un sanctuaire dédié à la Vierge de Guadalupe, le saint patron de Sucre. La représentation originale de la Vierge a été déplacée de Chataquila à la chapelle de la Vierge de Guadalupe (adjacent à la Cathédrale métropolitaine de Sucre) où elle a été orné de tant de bijoux qu'il a été estimé que la vente de ces joyaux ferait la Bolivie un des les pays les plus riches en Amérique latine.

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De Chataquila, nous débutons la randonnée de 5 km sur un sentier pré colombien, un ancien chemin Inca jusqu’au village de Chaunaca. Le parcours en descente est relativement facile d’une durée de 2 heures, révélant progressivement une vue imprenable sur le cratère Maragua.

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Le minibus nous attends prés du village de Chaunaca. Chaunaca est un petit village indien appartenant à la culture Jalq’a, et se situe à 45 km de Sucre. La communauté Jalq’a vit principalement de la production du tissage et de l’agriculture. Nous regagnons en minibus en direction du village de Maragua qui se situe en plein cœur du cratère.

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Nous sommes à 60 km de Sucre, enclavé au milieu des montagnes plissées colorées de la cordillère de los Frailes, le cratère de Maragua d’un diamètre de 8 km est un véritable joyau géologique. Cette étrange formation suscite encore aujourd’hui le débat quant à son origine, qui selon les uns résulte de la compression des montagnes formé par la tectonique des plaques, pour d’autres provient de la chute d’une météorite, où encore plus loufoque de l’atterrissage d’un vaisseau extra terrestre ! Nous terminons notre excursion par la périlleuse marche jusqu’à la cascade  et la grotte de la gorge du diable offrant une belle vue sur la vallée.

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Deux heures de routes seront nécessaires pour regagner la ville de Sucre. Je profite du trajet pour discuter avec le chauffeur du minibus Heriberto et Camillo notre guide. Heriberto est accompagné de son épouse et de sa petite fille d’un an prénommée Kelly. Il me pose de nombreuses questions sur la vie en France auxquelles j’essaie de lui répondre dans mon espagnol rudimentaire. Je m’intéresse également à son quotidien. Les chauffeurs de micro bus à Sucre, sont regroupés en syndicat. Ils sont propriétaires de leur micro bus, la grande majorité ayant été acheté d’occasion et provenant du Japon. Ils sont affectés tous les 4 jours à une ligne de bus, par rotation, mais sont libres de travailler à leur convenance… Aujourd’hui par exemple, la journée de Heriberto est plus lucrative en charterisant son bus à une agence de voyage que d’assurer un service dans la ville. C’est également moins stressant et a découvert comme nous pour la première fois le cratère de Maragua ! Il nous dépose devant l’agence en début de soirée. Sucre en ce dimanche soir est vraiment tranquille.  Je regagne l’hôtel pour y prendre une bonne douche et préparer mon sac à dos pour mon départ demain pour la ville de Santa Cruz.

 

Lundi 10 Juillet 2015,

C’est par une belle journée ensoleillée que je quitte la belle et agréable ville de Sucre. Le vent s’est posé  mais la température est relativement fraiche en ce début de matinée. Sur les conseils d’Hériberto, je rejoins l’aéroport en micro bus, une ligne passant à deux pas de l’hôtel. Les rues de Sucre en ce lundi matin sont animées; es écoliers et étudiants se rendant en cours. Je m’amuse en découvrant qu’à chaque intersection, des personnages déguisés en habits de zèbre, assurent avec humour la sécurité aux abords des passages cloutés, plutôt zébrés ! Une excellente idée pour éduquer conducteurs à respecter le code de conduite…

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Me voici arrivé au petit aéroport de Sucre. 45 petites minutes de vol pour rejoindre Santa Cruz contre 16 heures en bus. Le choix a été vite fait !  Bien que durant le vol la visibilité soit moindre, le temps étant orageux sur Santa Cruz, le changement de paysage et de végétation est fort contrasté par rapport à la région de Sucre. Les montagnes arides sont désormais remplacées par de grandes plaines fertiles et vertes.

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Je rejoins en taxi l’auberge de jeunesse située à 10 minutes du centre ville, et part à la découverte de Santa Cruz.

Santa Cruz est la capitale économique de la Bolivie, située sur une grande plaine à 420 mètres d’altitude et compte plus d’un 1,6 millions d’habitants. C’est également la capitole financière et agricole de la Bolivie. La région de Santa Cruz produit plus de 60% des ressources agricoles du pays. La ville est surnommée la cité des anneaux car la ville moderne a été créée en forme d’anneaux autour de son centre historique. Sa croissance est exponentielle car la ville ne comptait que 55000 habitants dans les années 50…

De part sa proximité géographique avec la région amazonienne, limitrophe avec le Paraguay et le Brésil, Santa Cruz bénéficie d’un climat subtropical et c’est un vrai changement par rapport à Sucre et encore plus par rapport à La Paz ou à Uyuni. Il fait plus de 32°C. C’est un plaisir de remettre tongues et short !

La visite du centre ville est assez rapide, bien que la ville ait été construite par les colons espagnols en 1561, les principaux centres d’intérêts sont regroupés autour de la place du 24 mai (l’ancienne place d’armes). La basilique de San Lorenzo construite en 1838 par un architecte français Philippe Bestrès sur le site de l’ancienne cathédrale construite en 1770. Est-ce la raison pour laquelle j’ai l’impression que cette basilique aurait sa place à Toulouse ? avec ses briques roses ? D’autres bâtiments de style colonial ou d’art nouveau comme le palais du gouvernement, la maison de la culture ou le Théâtre Palace  entourent cette belle place qui s’anime en cette fin d’après midi.

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Le reste du centre ville n’a que peu d’intérêt à mes yeux, les anciens bâtiments d’époque coloniale ou des 18 et 19ème siècles ont soit été remplacés par des bâtiments affreux ou sont en état de délabrement fort avancés. Je termine ma visite de Santa Cruz en me rendant sur le site de l’Avion Pirate.

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C’est le nom donné par les Boliviens à un Lockheed Constellation que les autorités boliviennes suspectaient de transporter des articles de contrebande provenant d’Argentine ou du Chili à destination des Etats Unis. En Juillet 1961 après avoir redécollé de l’aéroport de Santa Cruz,  l'avion faute de plan de vol officiel et ignorant les directives de la tour de contrôle, a été de forcé d’atterrir par la Force aérienne bolivienne après une course poursuite ayant causé la mort d’un pilote de l’armée bolivienne. L’avion a été immobilisé et l’équipage emprisonné. L’avion a été par la suite déplacé au parc Boris Banzer Prada et c’est aujourd’hui une attraction touristique et une légende pour les habitants de Santa Cruz.

Je rentre à l’hôtel en micro bus, la ville est totalement congestionnée du fait d’un manque certain de transports en commun et routes adaptées. Je prends un réel plaisir à piquer un plongeon dans l’eau tiède de la piscine ! Je ressors dans la soirée me balader dans le quartier proche de l’hôtel animé par de nombreuses rôtisseries vendant le fameux poulet frite national ! et de bars karaokés plus au moins glauques... Apparemment les boliviens aiment chanter ! Et faire quelques écarts conjugaux….

 

 

 

 

Mardi 11 Août 2015,

Vous l’aurez compris, Santa Cruz n’est pas une ville touristique et peu d’agents de voyages proposent des excursions pour découvrir les alentours de la ville pourtant riches en sites naturels ou historiques. De ce fait, étant seul à voyager, je me retrouve une fois de plus coincé, ne souhaitant pas payer une excursion d’un jour 120 ou 150 Euros, ce qui est réellement du vol manifeste surtout en Bolivie ! Sur  les conseils du directeur de l’hôtel je vais visiter le site archéologique du Fort de Samaipata situé à environ 120 km de Santa Cruz en bus collectif. Les taxis ne partent de la station que lorsque un nombre minimum de 5 personnes est atteint. Par chance je suis la 5ème personne et nous démarrons immédiatement.  Il faudra comme d’habitude s’armer de patience et 3 heures de route pour rejoindre la petite ville de Samaipata. Après un léger accrochage à la sortie de Santa Cruz avec un autre taxi, qui m’a permis d’enrichir mon vocabulaire de mots fleuris dans la langue de Cervantes, la route est toutefois agréable, les usines et entrepôts sont désormais remplacés  par des fermes et vergers de mandariniers. Après le  gros bourg d’El Torno, la route bien qu’asphaltée, est désormais en piteuse condition. Cependant le chauffeur connaît comme sa poche les moindres obstacles et nids de poule. Nous commençons notre montée sur Samaipata. La route longe le rio Piray de couleur chocolat, et sillonne le long des gorges entourées d’une végétation tropicale.

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Arrivé sur la place principale du village, où il n’y a pas d’âme qui vive en ce mercredi! je me dirige vers un des rares restaurants ouverts pour y déjeuner. Le déjeuner est composé d’un potage de céréales suivi de boulettes de bœuf farcies au fromage et au jambon. C’est certainement mon meilleur repas en Bolivie ! 

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Je trouve par la suite l’unique taxi présent autour de la place qui va me conduire jusqu’à l’entrée du fort pour un prix exhorbitant (en Bolivie) de 13 Euros Aller et retour.   Deux bonnes heures seront nécessaires pour visiter « El Fuerte de Samaipata ». Site inca inscrit au patrimoine mondial de l’humanité. Je ne serai pas gêné pour prendre des photos, moins de 20 visiteurs sont présents sur le site…

Ce site a été occupé par les Incas au XIVème siècle et utilisé comme capitale provinciale. Il comprend deux éléments clairement identifiés : la colline, qui, avec ses nombreuses gravures, semble avoir constitué le centre cérémoniel, et la zone au sud de la colline, qui formait le quartier administratif et résidentiel et celui de l’administration politique. Le lieu a été occupé et utilisé comme centre rituel et résidentiel par des membres de la culture mojocoya dès 300 apr. J.-C., et c’est à cette époque que ses habitants commencèrent à y sculpter les rochers. La ville Inca  était alors un bastion contre les incursions des belliqueux Chiriguanos qui occupaient la région du Chaco vers 1520. L’emplacement stratégique du site, qui avait séduit les Incas, attira également les Espagnols. et l’implantation coloniale de Samaipata devint un important relais sur la route majeure menant d’Asunción et de Santa Cruz aux centres coloniaux des Hautes Andes, comme La Plata (maintenant dénommée Sucre), Cochabamba et Potosí. Avec la fondation de la ville nouvelle de Samaipata dans la vallée de la Purificación, l’ancienne implantation perdit toute importance militaire et fut désertée.

 

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Le centre cérémoniel consiste en un énorme rocher monolithique de grès rougeâtre de 220 m de long sur environ 60 m de large, entièrement gravé de tout un ensemble d’animaux, formes géométriques, niches, canaux et récipients d’une grande importance religieuse.  Ce monument, dominant la ville en contrebas, est l’une des plus colossales œuvres cérémonielles précolombiennes des régions andines et amazoniennes C’est un témoignage unique des traditions et croyances préhispaniques, sans équivalent sur tout le continent américain. Les sculptures de la partie ouest comportent deux félins placés sur une base circulaire, seuls exemples de hauts-reliefs de tout le site.

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Je regagne le taxi qui m’attends à la sortie du site pour rejoindre la place principale du village dans l’attente du taxi collectif. J’aurai moins de chance qu’à l’aller puisqu’il faudra une heure d’attente avant que le taxi puisse faire le plein et quitter Samaipata.

Le taxi nous dépose au niveau du 2ème anneau dans Santa Cruz, proche du stade. Soir de match de foot le trafic est entièrement congestionné et j’ai toutes les peines du monde dans la nuit pour retrouver mon chemin. Je regagne finalement l’hôtel en taxi et m’assoie sur à la terrasse de l’auberge pour regarder le match de foot en compagnie de brésiliens, allemands et néerlandais. Santa Cruz a perdu la rencontre contre Union, trois à zéro. Les cruzeros sont dépités.

Mercredi 12 Août 2015

Je regagne l’aéroport en fin de matinée pour rejoindre La Paz mon ultime étape et porte de sortie de Bolivie. Je me rends compte que Santa Cruz était relié à l’Argentine et au Brésil. Cela m’aurait évité un vol dans mon programme. Bertho Travel a commis une petite boulette ! Après avoir embarqué dans l’avion, nous sommes conviés à sortir de l’avion et à patienter dans la salle d’attente. Les conditions météos sur La Paz ne sont pas bonnes, et des averses de neige sont présentes…. Après une heure d’attente nous embarquons à nouveau.

Nous atterrissons sans encombre à L’aéroport de La Paz bien nommé d’El Alto, étant l’aéroport le plus haut du monde à 4000 mètres d’altitude ! Et le thermomètre n’affiche qu’un petit 4° C ! Il faut remettre le pantalon et le blouson !

Je regagne l’hôtel réservé proche du centre historique, l’appartement dans lequel j’avais séjourné il y a dix jours n’étant pas disponible. J’ai volontairement raccourci mon second séjour à La Paz afin de rester plus longtemps sur Lima et Buenos Aires mes prochaines escales, ayant été peu enthousiaste lors de mon premier séjour. L’objectif unique de ce séjour étant de visiter ce jeudi le site Inca de Tiwanaku situé à 1h45 de La Paz. Je réserve mon excursion via une agence, le package étant fort abordable et la différence de prix en excursion routard est inférieure à 3 Euros et visite l’Eglise et le Musée San Francisco situés à deux pas de l'hôtel.

L'Église de San Francisco se distingue par l'éclectisme de ses styles architecturaux et par ses magnifiques éléments décoratifs. L'opulent intérieur de l'église renferme des autels en cèdre décorés à la feuille d'or. Le musée  établi dans le couvent qui jouxte l'église, avec ses cloîtres dont les arcades enserrent une cour centrale où règne une grande tranquillité présente des peintures religieuses et des objets historiques. Surplombant l'enchevêtrement de toitures du couvent, son clocher dévoile quant à lui un panorama sur toute la ville.

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La première Église de San Francisco fut construite en 1548, lors de la fondation de La Paz, mais cet édifice originel s'effondra à la suite d'une violente tempête de neige. Sa reconstruction date du 18e siècle et mêle des éléments d'architectures baroques et métissés, à l'image de ses gargouilles et de ses sculptures qui représentent des scènes de la nature et des créatures mythologiques telles que des dragons. Je profite de la fin de journée pour me reposer; cette dizaine de jours en Bolivie a été finalement sportive ! et finaliser articles et quiz pour le blog, que j’espère poster lors de mon séjour sur Lima, espérant que la connection WIFI le permettra.

Jeudi 13 Août 2013

Ultime journée en Bolivie. Comme annoncé cette journée est consacrée à la visite du site Inca de Tiwanaku. C’est le plein hiver à La Paz, le thermomètre affiche un petit 3°C mais le ressenti est bien moindre. Il y a deux jours j’étais en  tongue et tee shirt et me retrouve aujourd’hui habillé de chaussettes de laine, polaires, casquette d’hiver et gants !

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Un heure trente en minibus pour rejoindre Tiwanaku qui se trouve près de la rive méridionale du lac Titicaca, sur l’Altiplano, à une altitude de 3 850 m, Une grande partie de la ville ancienne, en grande partie construite en adobe, a été effacée par la ville moderne. Les édifices monumentaux construits en pierre se sont toutefois conservés à l’intérieur de zones archéologiques protégées, site également patrimoine mondial de l’humanité. Il fait encore plus froid qu’à La Paz et la neige est encore présente sur le site et les montagnes aux alentours. Bref les conditions de visite sont loin d’être optimale. Toutefois notre guide est vraiment plaisant à écouter. Voici en résumé la description du site et de la culture tiwanaku.

Source Unesco :

Tiwanaku, centre spirituel et politique de la culture tiwanaku, a d’abord été un petit lieu de peuplement qui s’est développé pour devenir une ville planifiée entre 400 et 900 apr. J.-C. Cette culture se définit essentiellement par l’organisation spatiale de ses fonctions civiles-cérémonielles, le centre de la cité étant placé en fonction des points cardinaux et construit en imposantes pierres de taille soigneusement sculptées. Tout un système complexe de drainage souterrain contrôlait le flux des eaux pluviales.

L’espace public-religieux de cette ville est rythmé par un ensemble de constructions architecturales qui correspondent aux différentes périodes d’avancées culturelles : le temple semi-souterrain, le temple de Kalasasaya, la pyramide d’Akapana et la pyramide de Pumapumku. De plus, l’espace politico-administratif est représenté par des constructions comme le palais de Putuni et le Kantat Hallita. Cet ensemble architectural reflète la structure politique complexe de la période et son caractère nettement religieux. Le monument le plus imposant de Tiwanaku est le temple d’Akapana. Cette pyramide se composait à l’origine de sept plates-formes superposées, contenues par des murs de soutènement en pierre de plus de 18 m de haut. Seul l’étage inférieur et une partie des murs intermédiaires ont été conservés. Les études ont permis d’établir que la pyramide était à l’origine revêtue de grès et d’andésite et surmontée par un temple. Elle est entourée de canaux de drainage très bien conservés. Les murs du petit temple semi-souterrain (Templete) sont faits de 48 piliers de grès rouge. Plusieurs têtes creusées dans la pierre sont insérées dans les murs, sans doute en souvenir d’une pratique d’exposition dans le temple des têtes tranchées des ennemis vaincus.

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Au nord de l’Akapana, se trouve la Kalasasaya, grand temple rectangulaire ouvert, dont on pense qu’il était un observatoire. On y accède par une volée de sept marches, au centre de son mur Est. L’intérieur renferme deux monolithes sculptés et la monumentale porte du Sud, l’un des plus importants exemples de l’art de Tiwanaku : elle se compose d’un seul bloc d’andésite taillé pour former une grande porte dont les côtés étaient percés de niches (Hornacinas). Au-dessus de la porte, une frise délicatement travaillée en bas-relief figure en son centre une divinité debout sur une plate-forme à gradins, qui porte une coiffure élaborée et tient un sceptre dans chaque main ; la déesse est flanquée d’une rangée d’oiseaux anthropomorphiques et, aux extrémités du panneau, d’une série de visages humains. L’ensemble a été interprété comme un calendrier agricole.

Les fondateurs de cette cité ont perfectionné la technique de sculpture et de polissage de différentes sortes de pierres utilisées pour la construction, qui, avec des techniques architecturales particulières, ont embelli les espaces dotés de monuments.

Les fondements économiques de cette cité sont mis en évidence par l’existence de près de 50 000 champs agricoles, dénommés localement sukakollos, caractérisés par leurs techniques d’irrigation qui ont permis aux différentes cultures de s’adapter facilement aux conditions climatiques. Les terrasses artificielles constituent une importante avancée pour l’agriculture car elles ont rendu possible une forme d’agriculture durable et donc l’évolution de l’empire tiwanaku. Ces innovations, reprises par les civilisations suivantes, se sont propagées jusqu’à Cuzco.

La dynamique sociale de cette population du haut-plateau a été soutenue par de puissants éléments religieux exprimés dans une iconographie variée d’images zoomorphiques et anthropomorphiques stylisées. Le pouvoir politique et idéologique représenté sur différents supports matériels s’est étendu jusqu’aux frontières de l’empire, jusqu’aux populations des vallées et des régions côtières les plus éloignées. Beaucoup de villes et de colonies ont été édifiées dans cette vaste région sous la domination tiwanaku. Ce pouvoir a commencé à décliner au XIe siècle et l’empire s’est effondré dans la première moitié du XIIe siècle. Tiwanaku, centre spirituel et politique de la culture tiwanaku constitue l’une des plus importantes expressions urbaines pré-incas de la région andine en Amérique du Sud. Le site a été la capitale d’un puissant empire qui a duré plusieurs siècles et s’est caractérisé par l’utilisation de nouvelles technologies et de nouveaux matériaux pour l’architecture, la poterie, les textiles, les métaux et la fabrication de paniers. Il a été l’épicentre d’un savoir et de savoirs locaux car il a étendu sa sphère d’influence jusqu’aux vallées inter-andines et à la côte.

La visite du musée et du site terminé, nous déjeunons dans un restaurant typique bolivien et regagnons La Paz sans trop d’encombre en fin d’après midi. Je regagne l’hôtel pour me réchauffer et n’en sortirai que pour diner.  Mon séjour en Bolivie se termine, l’expédition en 4X4 des salars d’Uyuni et du Sud Lipez, tout comme mon séjour dans la belle ville de Sucre auront été les temps forts de ces deux semaines bolivienne.  Je n’ai bien sur qu’une approche de ce pays, mais je suis ravi d’avoir eu l’opportunité d’avoir pu en visiter  une partie.

 

 

 

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